Archives de catégorie : Université

Diffusion du répertoire des théâtres parisiens en France du Premier Empire à la monarchie de Juillet

Cours de méthodologie avec les étudiants inscrits en troisième année de licence de musicologie à l’université de Rouen (2026-2027)
Mme Saint-Aubin (rôle de Suzanne) dans François Ier de Kreutzer, Chazet et Sewrin, créé le 14 mars 1807
© Collections BnF

Comme les années précédentes, le cours de méthodologie d’initiation à la recherche propose de découvrir les répertoires des théâtres parisiens et des départements au XIXe siècle, en partant de sources variées (archives, presse, ouvrages) et en proposant une reconstitution normalisée dans Dezède.

Dans un premier temps, nous poursuivrons l’édition de la chronologie de l’Opéra-Comique, d’un côté, en achevant son traitement sur le Premier Empire, et de l’autre, en inaugurant celle de la monarchie de Juillet. Chaque étudiant traitera dans Dezède un mois de l’activité de l’institution à partir des registres d’émargement des honoraires des auteurs conservés à la Bibliothèque-Musée de l’Opéra. Pour rappel, nous avons déjà reconstitué une chronologie complète entre mai 1807 et juin 1830, à quelques lacunes de sources près. Nous explorerons notamment la période 1805-1807, durant laquelle furent créés des ouvrages comme Uthal de Méhul, Avis au public de Piccinni, Gulistan de Dalayrac ou François Ier de Kreutzer. Ce segment d’histoire de l’institution vient boucler une chronologie complète entre 1789 et 1830 ; en partant à la conquête de la monarchie de Juillet, nous commençons à construire celle qui nous mènera à la période 1848-1914 déjà très avancée (travaux de Frédéric Guérin et Lucia Pasini).

 

Martin (rôle de Gulistan) dans Gulistan de Dalayrac, Étienne et Poisson de la Chabeaussière, créé le 30 septembre 1805
© Collections BnF

Dans un deuxième temps, nous nous arrêterons sur l’intense activité des théâtres parisiens à partir des annonces publiées dans trois périodiques disponibles en ligne sur Gallica (La Pandore, Le Constitutionnel et Le Journal des débats), et ainsi, pourrons-nous mettre en perspective la programmation de l’Opéra-Comique dans une offre de spectacles plus large. Pour ce faire, chaque étudiant devra reconstituer les spectacles des différents théâtres privilégiés correspondant à l’activité d’une journée en 1825, spectacles qui viendront s’ajouter à la reconstitution de la saison 1825-1826 durant laquelle a été créée La Dame blanche à l’Opéra-Comique, le 10 décembre 1825, anniversaire qui a été célébré en décembre dernier pour les 200 ans de sa création.

 

Lesage (rôle de Mr Roch) dans Avis au public de Piccinni et Désaugiers, créé le 22 novembre 1806
© Collections BnF

Dans un troisième temps, nous mettrons en perspective le répertoire de l’Opéra-Comique dans un théâtre de province, le Théâtre des Arts de Rouen. Nous poursuivrons le dépouillement de la presse rouennaise sous l’Empire à partir du Journal de Rouen, pour prendre conscience de la circulation des répertoires en province où l’affiche est largement dominée par le répertoire parisien et en particulier celui de l’Opéra-Comique. Nous nous intéresserons aux années 1810-1811.

 
Dans un quatrième et dernier temps, nous visiterons la Bibliothèque numérique des spectacles de Dezède, qui conserve un ensemble de manuscrits et d’ouvrages imprimés déposés dans Dezède. Nous poursuivrons cette  année l’indexation du Manuel de Colson publié en 1817 à Bordeaux, qui propose un florilège constitué à partir du répertoire d’opéras-comiques donnés dans les théâtres de France.

 
> Le 10 décembre 1825 à Paris (échantillon)


Source des illustrations : Gallica

La diffusion du répertoire des théâtres parisiens en France du Premier Empire à la Restauration

Cours de méthodologie avec les étudiants inscrits en troisième année de licence de musicologie à l’université de Rouen (2025-2026)
Solié (rôle de Jacob) et Mme Gavaudan (rôle de Benjamin), dans Joseph de Méhul et Duval, créé le 17 février 1807
Comme les années précédentes, le cours de méthodologie d’initiation à la recherche propose de découvrir les répertoires des théâtres parisiens et des départements au XIXe siècle, en partant de sources variées (archives, presse, ouvrages) et en proposant une reconstitution normalisée dans Dezède.
Dans un premier temps, nous prolongerons l’édition de la chronologie de l’Opéra-Comique en nous concentrant sur le Premier Empire. Chaque étudiant traitera dans Dezède un mois de l’activité de l’institution à partir des registres d’émargement des honoraires des auteurs conservés à la Bibliothèque-Musée de l’Opéra. Pour rappel, nous avons déjà reconstitué une chronologie complète entre mars 1809 et juin 1830, à quelques lacunes de sources près. Nous explorerons cette année la période 1807-1808, durant laquelle furent créées des ouvrages comme Joseph de Méhul, Les Rendez-vous bourgeois d’Isouard, Menzikoff et Fœdor de Champein ou Ninon chez Madame de Sévigné de Berton.
Dans un deuxième temps, nous nous arrêterons sur l’intense activité des théâtres parisiens à partir des annonces publiées dans trois périodiques disponibles en ligne sur Gallica (La Pandore, Le Constitutionnel et Le Journal des débats), et ainsi, pourrons-nous mettre en perspective la programmation de l’Opéra-Comique dans une offre de spectacles plus large. Pour ce faire, chaque étudiant devra reconstituer les spectacles des différents théâtres privilégiés correspondant à l’activité d’une journée du mois de juillet 1825, spectacles qui viendront s’ajouter à la reconstitution de la saison 1825-1826 durant laquelle a été créée La Dame blanche à l’Opéra-Comique, le 10 décembre 1825, anniversaire qui sera célébré en décembre prochain pour les 200 ans de la création.
Dans un troisième temps, nous mettrons en perspective le répertoire de l’Opéra-Comique dans un théâtre de province, le Théâtre des Arts de Rouen. Nous poursuivrons le dépouillement de la presse rouennaise sous l’Empire à partir du Journal de Rouen, pour prendre conscience de la circulation des répertoires en province où l’affiche est largement dominée par le répertoire parisien et en particulier celui de l’Opéra-Comique. Nous nous intéresserons aux années 1811 à 1813.
Dans un quatrième et dernier temps, nous visiterons la Bibliothèque numérique des spectacles de Dezède, qui conserve un ensemble de manuscrits et d’ouvrages imprimés déposés dans Dezède. Nous poursuivrons cette  année l’indexation du Manuel de Colson publié en 1817 à Bordeaux, qui propose un florilège constitué à partir du répertoire d’opéras-comiques donnés dans les théâtres de France.

> Le 10 décembre 1825 à Paris (échantillon)


Source des illustrations : Gallica

Le dernier Ring en français

Le dossier « Le Ring en France » vient de s’enrichir d’une nouvelle production, celle de Toulouse en 1949, dont la reconstitution, le dossier de presse et la présentation ont été réalisés par Grégoire Huppé, Johana Martin Suarez et Elina Pech dans le cadre d’un atelier de master de musicologie à l’Université de Toulouse-Jean Jaurès.

Moins de cinq ans après la libération de Toulouse, à l’issue de laquelle Le Patriote du Sud-Ouest, titrait « À bas Wagner », le Ring est de retour au Capitole.  Le cycle wagnérien y avait effectivement déjà résonné vingt et un ans plus tôt, en 1927, dans une production reprise l’année suivante. Déjà, le rôle de Siegfried y était chanté par Victor Forti, interprète d’une longévité wagnérienne sans pareille. Cette production est aussi son chant du cygne.

De fait, le Ring de Toulouse en 1949 est, selon toute vraisemblance, le dernier chanté en langue française, du moins en France. Toutes les productions postérieures seront interprétées en version originale, à commencer par la suivante à Bordeaux en 1954.

Le dossier inclut une reproduction du très riche programme de salle auquel on peut accéder directement en cliquant sur la photographie de sa couverture ci-dessus.

Consulter le dossier Le Ring à Toulouse (1949)

Consulter le dossier Le Ring en France

 

Le Vaisseau fantôme à Toulouse (1894-2025)

Archives municipales de Toulouse, 12 Fi 1855

À quelques semaines des représentations du Vaisseau fantôme au Capitole de Toulouse, le dossier « Wagner à Toulouse » s’est enrichi d’événements associés à cet opéra. Ce travail a été réalisé dans le cadre d’un cours d’initiation à la recherche en troisième année de licence de Musicologie à l’Université Toulouse-Jean Jaurès.

Au total, on compte désormais 24 représentations du Vaisseau fantôme à Toulouse entre la première, le 8 février 1894, et les six dernières de mai 2025. En tout, ce sont huit productions différentes que nous avons identifiées et dont nous avons reconstitué les distributions.

La création toulousaine et ses trois reprises de 1894 comptent parmi les toutes premières représentations du Vaisseau fantôme en France après la création française à Lille le 28 janvier 1893 — plus de vingt ans après la première représentation francophone à Bruxelles. Le nombre réduit des reprises semble néanmoins indiquer que le succès, de ce qui est considéré comme une œuvre de jeunesse, est limité. À cette époque, seuls Lohengrin et Tannhäuser avaient été représentés à Toulouse, le premier en 1891 et le second en 1892.

Il faut attendre 1943 pour revoir Le Vaisseau fantôme au Capitole. Dans une ville occupée par l’armée allemande, le théâtre du Capitole accueille des chanteurs « de l’Opéra », c’est-à-dire des membres de la troupe du Théâtre national de l’Opéra [de Paris], pour deux représentations du Vaisseau fantôme selon des modes de représentation et d’interprétation qui ne diffèrent guère de ceux en vigueur au siècle précédent. Naturellement, on chante toujours en français.

Le changement intervient de manière très nette avec la production germaniste de 1956. Pour l’essentiel, les chanteurs, le chef d’orchestre et le metteur en scène viennent d’Autriche tandis que la scénographie inclut des images projetées de décors. Ceux conçus par Jacques Fauché, dont une image illustre le programme de salle, s’éloignent résolument du réalisme moyenâgeux encore en vigueur au cours de la décennie précédente — l’esthétique du Nouveau Bayreuth initiée par Wieland Wagner se répand dans toute l’Europe.

La tendance s’accentue en 1970. Une production encore plus internationale est placée sous la direction musicale de Michel Plasson. La mise en scène est confiée à Manfred Hubricht. Si on ignore la réalité de son travail à Toulouse, on connaît, en revanche, celui qu’il a réalisé pour la Tétralogie montée au Théâtre des Arts de Rouen l’année précédente : une scène dont la nudité est compensée par des jeux de lumières et des projections d’images.

En 1989, Michel Plasson dirige à nouveau une représentation unique du Vaisseau dans une version de concert donnée à la Halle aux grains. Une tentative identique aura aussi lieu en 1997 avec des artistes du théâtre Marrinski de Saint-Pétersbourg dans le cadre du cycle de concerts Les Grands Interprètes.

Entre-temps, l’année 1993 avait connu la dernière production du Vaisseau fantôme avant celle de 2025. Toujours plus internationale, la distribution se distingue des précédentes par une diminution du nombre des chanteurs germaniques. Wagner, et l’opéra allemand par extension, ne sont plus la chasse gardée des artistes allemands mais bien un répertoire que s’approprient tous les chanteurs lyriques du monde. La production de 2025 confirmera cette tendance.

Au total, le dossier « Wagner à Toulouse » réunit 24 représentations du Vaisseau fantôme entre 1894 et 2025. Un chiffre en deçà de celui d’autres opéras de Wagner mais presque identique à la situation comparable, à bien des égards, du Théâtre des Arts de Rouen.

« Wagner à Toulouse » réunit à ce jour 108 événements soit, probablement, environ un tiers de l’ensemble de ceux consacrés au maître de Bayreuth. Le travail se poursuivra au gré des cours de formation et d’initiation des prochaines années.

Consulter le dossier Wagner à Toulouse

Consulter uniquement les 24 représentations du Vaisseau fantôme

L’Orchestre national du Capitole de Toulouse : 50 ans de musique à la Halle aux grains

Brochure du cycle Beethoven de l’Orchestre régional du Capitole de Toulouse, 1974, Bibliothèque nationale de France, Département de la musique, Programme « Province » : Toulouse.

Par Pierrot Menuge

Entamée en septembre 2023, la réalisation du dossier consacré à l’Orchestre national du Capitole de Toulouse [ONCT] vient de s’achever. Après un travail préliminaire sur des saisons précises, il réunit dorénavant les programmes des concerts symphoniques de l’ONCT dans sa salle de la Halle aux grains de sa première saison (1974-1975) à celle de 2023-2024.

Ces cinquante saisons constituent ainsi un corpus de 1 342 événements auxquels s’ajoutent ceux de la saison 2024-2025 encore en cours. Du cycle Beethoven organisé par Michel Plasson à l’automne 1974 pour marquer la naissance de l’ensemble à la nomination du jeune Tarmo Peltokoski en 2022 en passant par le mandat de Tugan Sokhiev, l’ensemble de ces concerts permet de dessiner un premier portrait de l’institution à travers son répertoire.

La constitution de ce dossier repose, d’une part, sur des sources internes (programmes de salle, brochures de saison) consultées au siège de l’orchestre et aux archives municipales de Toulouse, et, d’autre part, sur des sources externes, principalement le périodique La Dépêche du Midi (annonces et comptes rendus de concerts). Une partie de ce travail a été réalisée dans le cadre d’un stage au laboratoire LLA-CREATIS effectué dans les locaux de l’ONCT où ont pu être consultées les archives réunies par les différents bibliothécaires depuis le début des années 1990.

Ce travail s’inscrit dans le cadre d’un master de musicologie à l’Université Toulouse – Jean Jaurès. Le projet de recherche propose d’étudier à la fois l’histoire de l’institution (la création de l’ensemble, son évolution, l’influence des politiques culturelles locales et nationales) et la façon dont elle est perçue tout au long de son développement. En parallèle, l’étude comportera une analyse de la programmation : quel est le répertoire de l’orchestre mais surtout quelle en est l’évolution et à quoi peuvent être dus les changements ?

Ce dossier s’insère plus largement dans le projet en cours sur les orchestres symphoniques français en proposant la reconstitution intégrale du répertoire d’un des ensembles choisis par Yannick Simon.

Pour consulter le dossier Orchestre national du Capitole de Toulouse