Archives par mot-clé : Sociétés de concerts

La Société musicale indépendante (1910-1935)

La Société musicale indépendante (SMI) est une importante société de concerts ayant organisé 171 concerts à Paris durant vingt-six ans, depuis le concert inaugural du 20 avril 1910 à la Salle Gaveau au dernier concert du 3 mai 1935 à la Salle Cortot. Cofondée en 1919-1910, à l’initiative de Maurice Ravel, la société est d’abord présidée par Gabriel Fauré de 1910 à 1924, puis alternativement par Maurice Ravel, Florent Schmitt et Léo Sachs, même si, en réalité, Nadia Boulanger, secondée par l’impresario Charles Kiesgen, joue un rôle croissant et déterminant dans l’organisation des concerts de la SMI après la Première Guerre mondiale.

La SMI revendique d’être « un milieu libre, où toutes les tentatives artistiques, sans distinction de genre, de nationalité, de style, ni d’école, recevront bon accueil ». Elle tient à se démarquer de la Société nationale de musique, active depuis 1871, jugée trop conservatrice et insuffisamment ouverte aux « plus jeunes tendances ».

La SMI organise essentiellement des concerts de musique chambre, même si chacune des quatre premières saisons, de 1910 à 1913, s’achève sur un ou deux concerts d’orchestre. Durant son existence, la SMI favorise largement les premières auditions musicales tant de compositeurs français qu’étrangers. Le comité de la SMI se compose d’abord de neuf musiciens français autour de Gabriel Fauré et s’étoffe jusqu’à compter vingt-deux musiciens, dont beaucoup sont étrangers.

La SMI voit son activité réduite pendant la Première Guerre mondiale avec seulement six concerts en quatre ans. Au cours de la saison 1916-1917, malgré la difficulté des temps, le comité de la société refuse un projet de fusion avec la Société nationale de musique auquel Gabriel Fauré était pourtant favorable.

La crise de 29 et le décès du mécène Léo Sachs en 1930 expliquent en grande partie les difficultés croissantes de la SMI et la forte réduction de son activité pendant les cinq dernières années de son existence.

Ce dossier volumineux est le fruit de plusieurs années de travail en collaboration avec Danieli Longo-Benedetti. Il consiste en une refonte du dossier établi par Michel Duchesneau voici près de trente ans dans son excellent ouvrage L’avant-garde musicale et ses sociétés à Paris de 1871 à 1939 (Sprimont [Belgique], Mardaga, 1997), refonte basée sur un ensemble de sources plus complet que celui auquel notre devancier avait eu accès. Nos vifs remerciements à Yannick Simon pour la relecture du dossier.

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La Société des concerts de Toulouse (1860-1877)

La Salle des Illustres du Capitole de Toulouse où la Société des concerts donne l’essentiel de ses prestations

La Société des concerts de Toulouse est un orchestre symphonique qui n’a pratiquement laissé aucune trace dans l’histoire du concert en France en général et dans celle de Toulouse en particulier. Pourtant, bien que largement oubliée, cette société présente un intérêt certain. Comblant un manque dans l’une des plus grandes villes françaises, la Société des concerts de Toulouse voit le jour en 1860. Deux ans plus tard, elle adopte le modèle des concerts populaires que Jules Pasdeloup a lancés à Paris le 27 octobre 1861. Les organisateurs toulousains sont probablement les premiers imitateurs de Pasdeloup dans les régions françaises.

La reprise des activités de la Société des concerts de Toulouse au début de l’année 1862 se traduit effectivement par une transformation immédiate, significative et durable de ses pratiques. Aux changements organisationnels répond une évolution quantitative et qualitative du contenu des concerts. Seuls apparaissent les noms des compositeurs du quintette germanique (Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven, Carl Maria von Weber et Felix Mendelssohn) qui sont mentionnés dans l’en-tête des affiches des concerts populaires parisiens S’y ajoutent uniquement ceux de Jean-Philippe Rameau, Jean-François Le Sueur et Richard Wagner. De ce dernier, la Société des concerts de Toulouse donne le 16 février 1862, avant même les Concerts Pasdeloup qui s’en acquitteront le 10 mai 1862, l’Entrée des invités (acte II, scène 4) de Tannhäuser. On peut considérer que la société toulousaine se montre audacieuse à cette occasion, moins d’un an après le scandale qui a marqué l’introduction de cette œuvre au répertoire de l’Opéra de Paris. Cette hardiesse confirme que les régions jouent un rôle fondamental dans la diffusion des œuvres de Wagner en France entre 1861 et 1891 dans la mesure où l’approche en est plus dépolitisée et dépassionnée qu’à Paris.

Malgré son succès, la Société des concerts de Toulouse connaît une fin de vie difficile. Plus encore que la Guerre de 1870 et ses conséquences, le départ de son chef emblématique en 1875 semble annoncer sa disparition. La même année, le compositeur toulousain Édouard Broustet fonde la Société des grands concerts dont l’existence sera néanmoins brève. En 1881, Broustet monte à Paris et crée une société dont l’intitulé est identique à celui de son prédécesseur toulousain. Dans la Ville rose, s’ouvre une période difficile pour le concert symphonique qui se prolongera jusqu’à la naissance de la Société des concerts du conservatoire en 1902.

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La Société philharmonique de Beauvais

par Michel Leménager

Fondée en 1825, la Société philharmonique de Beauvais est l’une des plus anciennes sociétés de concerts françaises toujours en activité (2025). Ses archives ayant fait l’objet d’une campagne de numérisation, un ensemble de 80 programmes de salle et prospectus a été déjà intégré dans Dezède. Pour le moment, il s’agit d’un dossier « brut » dont les programmes des concerts n’ont pas encore été reconstitués et normalisés. Compris entre 1872 et 1960, les programmes et prospectus consultables présentent néanmoins un grand intérêt et permettent d’appréhender l’évolution du concert sur une longue période, la construction des programmes, le répertoire, la place des solistes, etc.

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L’Orchestre national du Capitole de Toulouse : 50 ans de musique à la Halle aux grains

Brochure du cycle Beethoven de l’Orchestre régional du Capitole de Toulouse, 1974, Bibliothèque nationale de France, Département de la musique, Programme « Province » : Toulouse.

Par Pierrot Menuge

Entamée en septembre 2023, la réalisation du dossier consacré à l’Orchestre national du Capitole de Toulouse [ONCT] vient de s’achever. Après un travail préliminaire sur des saisons précises, il réunit dorénavant les programmes des concerts symphoniques de l’ONCT dans sa salle de la Halle aux grains de sa première saison (1974-1975) à celle de 2023-2024.

Ces cinquante saisons constituent ainsi un corpus de 1 342 événements auxquels s’ajoutent ceux de la saison 2024-2025 encore en cours. Du cycle Beethoven organisé par Michel Plasson à l’automne 1974 pour marquer la naissance de l’ensemble à la nomination du jeune Tarmo Peltokoski en 2022 en passant par le mandat de Tugan Sokhiev, l’ensemble de ces concerts permet de dessiner un premier portrait de l’institution à travers son répertoire.

La constitution de ce dossier repose, d’une part, sur des sources internes (programmes de salle, brochures de saison) consultées au siège de l’orchestre et aux archives municipales de Toulouse, et, d’autre part, sur des sources externes, principalement le périodique La Dépêche du Midi (annonces et comptes rendus de concerts). Une partie de ce travail a été réalisée dans le cadre d’un stage au laboratoire LLA-CREATIS effectué dans les locaux de l’ONCT où ont pu être consultées les archives réunies par les différents bibliothécaires depuis le début des années 1990.

Ce travail s’inscrit dans le cadre d’un master de musicologie à l’Université Toulouse – Jean Jaurès. Le projet de recherche propose d’étudier à la fois l’histoire de l’institution (la création de l’ensemble, son évolution, l’influence des politiques culturelles locales et nationales) et la façon dont elle est perçue tout au long de son développement. En parallèle, l’étude comportera une analyse de la programmation : quel est le répertoire de l’orchestre mais surtout quelle en est l’évolution et à quoi peuvent être dus les changements ?

Ce dossier s’insère plus largement dans le projet en cours sur les orchestres symphoniques français en proposant la reconstitution intégrale du répertoire d’un des ensembles choisis par Yannick Simon.

Pour consulter le dossier Orchestre national du Capitole de Toulouse

Les 50 ans de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse

Le 1er mai 2024, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse fête ses 50 ans ! C’est effectivement le 1er mai 1974 que la formation municipale qui assurait la saison lyrique du Théâtre et quelques concerts symphoniques devient officiellement l’Orchestre régional du Capitole de Toulouse — il sera rebaptisé « orchestre national » en 1981.

L’orchestre a profité de cet anniversaire pour éditer une petite brochure commémorative mettant en exergue une dizaine d’événements ayant marqué son histoire entre la série inaugurale des huit concerts consacrés à l’intégralité des symphonies et des concertos de Beethoven en 1974 et l’arrivée de Tarmo Peltokoski à sa tête cinquante ans plus tard.

Les auteurs des textes, Pierrot Menuge et Yannick Simon, ont réuni dans un dossier de Dezède tous les événements évoqués dans cette brochure. Le QR code qui figure sur sa quatrième de couverture offre à un accès direct au dossier.

Consulter le dossier 50 ans de l’ONCT

Consulter la brochure L’Histoire continue